Sur la poésie de Roselyne Sibille : critiques et interviews

Sur le livre « Ombre monde »

Note de lecture d’Estelle Fenzy dans la revue Europe n°1031 (mars 2015) 

Note de lecture de Thierry Gillyboeuf dans sa chronique Poésie publiée dans le journal papier Hippocampe (été 2015)

Note de lecture de Sabine Huynh dans la revue Phoenix n°19 (automne 2015)

Note de lecture de Marie Ginet dans la revue Terre de femmes (6 janvier 2016)

Note de lecture d’Anne-Marie Soulier dans la revue Alsacienne de Littérature (20 juin 2016)

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Sur le lien à la lecture et à l’écriture

Réponse à la question : « Qu’en est-il pour vous, en tant qu’auteur et en tant que lecteur, de votre rapport à l’espace, à l’image visuelle et aux sonorités ? », posée par Simone Molina à un sept auteurs dans l’anthologie « Le paysage du poème ».

Lire l’ensemble dans Terre à ciel (Novembre 2014)


Sur la poésie de Roselyne Sibille par Sabine Péglion dans la revue numérique Les carnets d’Eucharis (17-12-2013)

Poète, traductrice, géographe de formation, Roselyne Sibille a longtemps été bibliothécaire et enseignante à l’université d’Aix-en-Provence et à celle d’Avignon. Parallèlement à ses travaux personnels d’écriture, elle poursuit des ateliers « d’éveilleuse d’écriture » pour reprendre ses termes, en Provence.

Quand on aborde la poésie de Roselyne Sibille, on songe au rôle que Jean Cocteau lui accorde :

« Elle dévoile, dans toute la force du terme. Elle montre nues, sous une lumière qui secoue la torpeur, les choses surprenantes qui nous environnent et que nos sens enregistraient machinalement.»

Ainsi, dans L’appel muet, le regard de la poète précis, sensible « donne à voir » ce quotidien que nous traversons, le plus souvent sans même le remarquer :

Entre la montagne
et les brumes
les corbeaux leur vol leurs cris
l’odeur de la terre et son silence
les racines font signe

Entre

Percevoir le lieu, l’instant, sa plénitude. Mais plus encore, elle nous invite à prendre conscience de notre être au monde, dans l’attention à ce qui nous est donné.

Dans ce suspens perçu du temps, savoir questionner notre parcours, aller au-delà de ce que le regard capte et transmet :

Source noire
Seule au milieu
Souffle haletant

Vivre avec
Vivre sans
Sans arrêt
Soif

(in Tournoiements – Lucie éditions – 2006)

Devenant parfois ce passeur,

je lirai sans fin l’indéchiffrable
les autres frontières

(in ibid)

Avec Roselyne Sibille, on arpente le monde, on le redécouvre, au rythme de sa marche,

Quand s’enchevêtrent les mystères
que je ne sais plus rien
je vais chercher
les senteurs d’herbe dans le vent

(in L’appel muet – Ed. La Porte – 2012)

Ce matin tôt je marche
seule dans la prairie
Etoiles sous la rosée

Le ciel se tait
(in ibid)

Pouvoir saisir ce qui nous échappe, s’y ressourcer

juste un espace où marcher le vent
[…]
éblouie de vent une aube noire s’est déployée en silence

(in Lumière froissée – Ed. Voix d’encre – 2010)

Une attention aux paysages dans ses nuances que l’on retrouve sculptés par les blancs de la page. Ils laissent les mots dérouler leur ampleur sonore, vibrer au gré de la sensibilité du lecteur :

Falaise cabrée
délaissée
lourde   longue   lente   ample

vers l’absence   les lointains nains

(in Lumière froissée – Ed. Voix d’encre – 2010)

Roselyne Sibille nous incite à saisir cette incandescence

la lumière
hachée
blanc

ces lueurs fragiles car l’ombre est si proche

tout tremble et fuit,

le temps abasourdi
trébuche
sur l’épaule immobile des secondes

En dépit de…  pourtant…  poursuivre. C’est bien une confiance dans la vie que nous livrent ses recueils.

Un miroir
appuyé contre la nuit

voir ce qui demeure
et sourire

(in L’appel muet – Ed . La Porte – 2012)

La poésie de Roselyne Sibille nous rappelle qu’on ne peut, ni ne doit, ni oublier, ni accepter mais regarder, devant, dans la lumière.

L’article directement dans la revue « Les carnets d’Eucharis »

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Sur la poésie de Roselyne Sibille par Priya Sarukkai Chabria dans la revue numérique Poetry at Sangam (ici la traduction de cette critique en français) :

Roselyne Sibille est une poète des contemplations, scintillements et musique : son travail demande aux lecteurs de devenir des formes de pensées qui planent entre l’évident et l’inouï pour arriver à une sérénité qui déborde sans cesse dans « le vide et son liseré de sang ». Dans le magnifique poème en miroir « De l’autre côté de l’ombre », elle écrit : « … Qui dort de l’autre côté du regard? / Qui dort là où rien n’est encore inscrit ? » Karthika Naïr, poète d’une impressionnante cohérence, hardie par rapport aux formes, et d’une profondeur de pensée de toute beauté, déjà publiée ici, traduit ces poèmes avec intelligence passionnée et tendresse. Dans sa note de traductrice parue dans Asymptote, elle écrit :  » Ces poèmes qui paraissent, à mes yeux, aussi fragiles et oniriques que la calligraphie ancienne, la recherche de la courbe parfaite ; ils s’emparent des mots pour refléter les voltiges de l’âme.

L’univers de Roselyne Sibille exige joyeusement d’un traducteur à la fois une grande précision et de la créativité. Transposant ses métaphores et ses images… d’un imaginaire à un autre est une aventure souvent très exigeante, mais aussi profondément satisfaisante quand elle et moi sentons ensemble que nous avons trouvé ou construit des hublots entre les mondes. Nous présentons six splendides nouveaux poèmes.

Lien vers ces poèmes en anglais (traductions de Karthika Naïr)

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Sur la poésie de Roselyne Sibille par Caroline Calloch :

Roselyne Sibille, géographe et bibliothécaire de formation, vit dans la nature de Provence. L’amour des mots mène sa délicate poésie ou prose poétique sur le territoire de la page blanche. La nature chez Roselyne est reine ; elle est décrite vibrante, odorante, bienveillante, parfois troublante, terrible et dominatrice. Ses textes portent la musicalité d’une partition, le langage se substitue aux notes et le livret se forme. Les mots coulent pour donner un sens aux émotions. Chacun entend un écho où résonne la joie, chacun perçoit la lumière, mais l’inquiétude existentielle de l’humain n’est jamais très loin. Ses récits de voyage sont construits tels des Odyssées : le lecteur suit, captivé, chaque pas pour lui parcouru ; la communion s’effectue par cet étrange inattendu : la distance est abolie entre le verbe et le ressenti.

Pour ses recueils, Roselyne Sibille tisse des liens étroits avec l’image : la peintre Bang Hai Ja illustre à merveille « Au chant des transparences » et « Par la porte du silence », les photographies d’Hélène Simmen accompagnent « Un sourire de soleil », Liliane-Eve Brendel dessine pour « Lumière froissée ».

Roselyne Sibille fait vibrer sa musique de mots entre deux silences poétiques.
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Note sur la poésie de Roselyne Sibille par Angèle Paoli (Terre de femmes) :

Traduite en plusieurs langue, dont le coréen, la poésie de R.S porte la trace des menues efflorescences de la nature. Sensible à la vie secrète qui murmure sous la langue et sous la terre, la poésie de R.S est poésie naturelle, fluide, « maternante » et matricielle. Elle vit du froissement de la lumière, du chatoiement des formes et des couleurs, toutes choses propres à insuffler la vie, à générer l’élan vital nécessaire à la réconciliation de l’homme avec lui-même et avec le monde déchiré qui est le sien.
L’acuité du regard de la poète nourrit un lyrisme mesuré, pleinement assumé et généreux.

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The HINDU – Today’s Paper FEATURES LITERARY REVIEW – January 2, 2011

Of silences and spaces par K. Srilata

A sense of wonder in the natural world underlies the work of poet and translator Roselyne Sibille K.SRILATA speaks to her about what lies at the heart of her work…

“Between Daybreak and Dawn”
(Entre l’aube et l’aurore)

Between daybreak and dawn
the three breaths and the river’s reflected lights
I make my home

At fade of mist
and sun drizzle when the world takes shape
I make my home

With the first birdsong and the blue silence
I make my home

Roselyne SIBILLE (translated from the French by Michael Fineberg)

“I don’t try to write,” the French poet and creator of writing workshops, Roselyne Sibille tells me. “The words come and nest inside me.” It sounds easy but of course, I know it cannot be. The “effortlessness”, the not-trying requires a certain meditative effort. Roselyne’s poems are sensual, polished. They spill over with a deep silence. Even though the conversation I have with her in the space between two readings at Prakriti Foundation’s Poetry Festival is regrettably brief, I cannot but sense the remarkable intensity inherent in her practice of poetry. Writer Zoe Skoulding acts as interpreter, a fact that layers our conversation beautifully.

KS: Apart from writing poetry yourself, you also teach writing. You have created poetry workshops at the University of Avignon and at other places. Would you say that there is a synergy between writing and the teaching of it?
RS: It is very important that I write myself. When I write, I try things out and I understand how writing works. It is not merely a cerebral act. It is practical knowledge. The writing is mixed up with who I am. What you get from my peculiar perspective you won’t find by reading about it. I have written since adolescence and I am fifty seven now. My whole conscious life has been involved with writing… It is who I am.
KS: What made you turn to poetry, choose it over other forms?
RS: In poetry, you can say the things that are the hardest to say, the most difficult to express. You can say in just a few words (in poetry) what will take you many more words in philosophy and metaphysics. It is a very economical form. Poetry is at an angle to ordinary language, to the world…
KS: You have just been through a six day translation workshop at Sangam House in Adhishakti. Tell me something about the experience. What does translation do for a poem? What gets “translated” in a poem?
RS: Translation is a way of answering a poem more deeply than reading it. This is not just in terms of the way the words are put together, but in terms of spaces, silences, all of that… And I try to bring that back in language, losing as little as possible. It is like carrying water in a bucket that has a hole, spilling as little as possible. The poem becomes a new poem in French. It is not just a reformed version of the original.
KS: How important is poetry in the literary life of France today? Do people engage with it? And are publishers willing to publish poetry?
RS: In France, poetry remains marginal in the world of publishing. But we have many poetry festivals to which ordinary people come, bringing their families. That gives me a lot of hope for the state of poetry in France.
KS: What is your take on the new modes of presenting poetry? The use of multimedia, for instance, which some of you have attempted at this festival… What does it do for the form?
RS: It attracts more people to poetry. As for people who already like poetry, it unfolds the form for them – like a fan. Certain ways of using sound can put poetry in 3 D. In my own work, the connection of poetry with other art forms like painting, music, dance and video takes it to another zone altogether.
KS: Any literary influences from within France or from elsewhere that you would care to speak of?
RS: I don’t think I am influenced by other poets but I am aware of sensibilities close to mine. I am thinking especially of Philippe Jaccottet, Emily Dickinson, Kenneth White.
KS: How important is the presence of a writing community for you?
RS: It is my second family.
KS: Tell me something about the process of writing a poem…
RS: I live in the countryside and go for walks with a notebook. I walk in silence. I observe things. I open myself to the world… I smell things. I sense them. I feel a sense of gratitude for things that are living, for the fact that I am alive. I don’t try to write. I stay calm. The words come and nest inside me. It is like an unformed stone and I turn it like a pebble in a river till I feel it is ready, finished. Sometimes there is a gift of a poem that arrives already shaped. I am not an intellectual poet. I write about nature as a metaphor for human nature. It is not just nature poetry. So there is a philosophical dimension to it.


THE TIMES OF INDIA – Janvier 2011 – Pondicherry Pickings par Joeanna Rebello Fernandez

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NEW INDIAN EXPRESS (in Indulge = supplément hebdomadaire du journal Indian Express) Janvier 2011 – Write art – Poetry and you
Note de elcture de marie Ginet dans la revue Terre de femmes