Co-créations

POESIE VIVANTE ET CO-CREATIONS

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Notice de présentation écrite pour l’exposition « Poésie vivante » qui présentait les co-créations de Roselyne Sibille à la Médiathèque de Miramas (novembre 2011) :

Par intérêt pour le monde entier, j’avais fait des études de géographie. Aimant la littérature, je suis ensuite devenue bibliothécaire pendant vingt ans. Puis j’ai choisi de me rapprocher plus personnellement de l’écriture.
Curieuse des autres et de leurs créations, j’ai peu à peu rencontré des artistes dans leurs différents domaines d’expression et j’ai pu lier ce que j’aime : créer, partager et voyager.

Depuis 2001 maintenant, j’aide à pratiquer l’écriture sous la forme d’ateliers. J’y rencontre les autres dans leur créativité. Et en 2008, j’ai commencé à créer en écho avec d’autres artistes.

La mise en œuvre se fait de deux façons :

Soit ce sont les artistes qui me font une proposition ; j’écris alors le poème en lien avec les interventions visuelles, la qualité du papier, la forme ou l’espace qui m’est donné, et je manuscris ce poème sur les quelques exemplaires.
* C’est ainsi pour les « livres de dialogue » et les peintures manuscrites avec YOUL, les livres d’artistes de BANG Hai Ja, ceux de Laurence BOURGEOIS avec leurs couvertures de verre.
* De même j’invente pour les gravures de Dominique LIMON et il typographie le poème.

Soit mes poèmes incitent les artistes à créer en écho, s’ajustant à leur sens.
* Liliane-Eve BRENDEL a dessiné pour Lumière froissée, mon recueil sur Sainte Victoire, puis fabriqué une installation verticale de 2m60 x 40 cm à base de papier Japon en jouant des transparences entre mes mots et ses traits.
* KEUN Eun-dol, rencontrée lors de la résidence d’écriture que j’ai faite en Corée lors de l’été 2011, a dessiné et manuscrit la traduction de mon poème en coréen sur notre livre commun.
* Sylvie DEPARIS, avec qui j’ai vécu cette résidence en Corée, a emporté mes mots et sa peinture dans le processus de création que nous avons mené ensemble là-bas et en a fait un livre d’artiste imprimé (Implore la lumière).
* Christine LE MOIGNE est plasticienne. Elle fabriquait des sculptures de bois flottés. Je lui ai proposé de courts poèmes sur la mer. Elle a photographié ses sculptures sur fond blanc, nous y avons associé ensemble la dimension des mots. Elle a joué ensuite avec les couleurs des fonds et la mise en scène des caractères pour que naissent des « sculptécritures ». Elle en a fait un montage visuel d’une quinzaine de minutes. Le regardant, on entre dans un livre virtuel où, dans la lumière de l’image, les évocations proposées s’accompagnent de sons marins.
* La rencontre avec Florence BARBERIS s’est faite lors d’un Salon de l’estampe et de la gravure. J’avais été frappée par une œuvre qu’elle y avait exposé. A partir de cette impression, j’ai écrit Neuf poèmes de noir et de lumière que je lui ai envoyés. Avec eux, elle a conçu un livre d’artiste portant ce titre. Ainsi, dans cette œuvre, l’écho est double.
* Maïté ERRA est compositeur. Elle a écrit des pièces de musique de chambre sur des textes Charles Juliet, composé des pièces vocales et instrumentales sur des poèmes de Jacques Roubaud, Manuel Montalban-Vasquez etc.
Elle a commencé à composer pour les poèmes du recueil Versants. Une de ces pièces a été jouée le 15 décembre 2010 à Aix-en-Provence (Angelica Cathariou, mezzo soprano / Eric Charray, clarinette basse /Jacques Raynaut, piano).

D’autres co-créations me passionnent :

* Christian SAKHAROV traduit mes mots dans son ressenti sonore, créant des morceaux pour l’ensemble des poèmes de mes recueils, et m’accompagne au violoncelle lors de nos lectures musicales (Tournoiements, Lumière froissée).
* Lors d’une résidence d’écriture en Inde lors de l’hiver 2010-2011, j’ai créé avec Lakshmi BORIES un spectacle de poésie dansée (Un éternel en mouvement). Lakshmi est une jeune danseuse franco-indienne qui a appris la danse Baratha Natyam (danse classique du sud de l’Inde) depuis son enfance et en a fait la base de sa danse contemporaine. Lors d’une représentation à Pondichéry, j’ai dit mes poèmes en scène pendant qu’elle dansait en improvisation sur de la musique.

* Une autre co-création encore est celle des traductions. Je suis très intéressée par la façon qu’ont les poèmes d’aller s’installer dans une autre langue comme s’ils vivaient des miroitements de leur sens. J’ai eu le bonheur de côtoyer déjà des traducteurs de treize langues différentes qui ont transposé certains de mes poèmes ou recueils dans leur langue : anglais, allemand, espagnol, italien, écossais, tchèque, hindi, bengali, tamil, manipuri, marathi, coréen, et japonais pour une histoire pour enfants.Création et partages pour que la poésie voyage et rencontre ceux qui y sont sensibles. D’autres projets sont en cours. Tout est ouvert pour continuer.

Roselyne Sibille