Actualités 2018

30 novembre

Soirée belle et intense pour le lancement de mon dernier recueil, en ouverture du festival Poésie nomade en Provence.

Deux parutions à l’honneur : Entre les braises et, de Jean-Pierre Gandebeuf, Le visage regardé sauve son âme.

 

 

 

 

 

J’ai eu la joie d’être interviewée par Hélène Dassavray.

   

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Le lancement officiel de mon recueil Entre les braises aura lieu le 30 novembre lors d’une soirée privée à Cavaillon (« Lecture au coin du feu ») qui ouvrira le festival « Poésie nomade en Provence ». Le lendemain, le  festival se poursuivra à Oppède.

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22 novembre

Il est sorti ! Mon nouveau recueil (Entre les braises), publié aux éditions La Boucherie Littéraire. Il est très beau (les pages intérieures sont ocres, blanches et vermillon) et ce que j’y offre à la lecture est essentiel pour moi…

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14, 15, 16 septembre

Participation au Salon du Livre d’artiste de Rives (38140)

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17, 18, 19 août

Lectures au 5ème Festival de Poésie Sauvage de La Salvetat sur Agoût – Thème de cette année : « Génies du féminin »

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Lors du Marché de la Poésie à Paris, lancement officiel de l’anthologie L’eau entre nos doigts aux éditions Henry (Les écrits du Nord) dirigée par Claudine Bertrand. Mon poème y paraît en page 123 :

 

Du fond de la brume arrive la barque

Deux silhouettes gris noir sur gris

 

Le bruit des rames seulement

et l’écho des gouttes retombant dans l’eau

 

Le fleuve propose          murmure          sursaute

esquive les lames d’où décollent les oiseaux

 

A pas fin          la nuit se démet

La gravité pose le son fondamental

 

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15 juin

Parution d’un texte dans la Revue Alsacienne de Littérature n°129 (1er semestre 2018) – Thème « Regards »

Le voici :

ILS ONT DIT

Seul, je suis seul désormais. Oui, je sais, elles sont là derrière moi ma grand-tante, la Tia et sa voisine, la vieille Malona. Elles vont s’occuper de moi, elles ont dit. La Tia m’a envoyé chez le coiffeur. La Malona a empesé ma chemise.

Je tremblais dans le cimetière. C’était le vent. Le pope a chanté les prières en tournant autour du trou. Tout le village suivait. J’ai failli tomber parce que ma tête aussi tournait. C’était l’encens, je crois.  Quand chacun a jeté la terre sur les cercueils, j’entendais les pierres qui cognaient sur le bois. La Malona a envoyé une branche de jasmin qu’elle avait cueilli à sa tonnelle. La Tia, elle, a jeté ton châle blanc, maman. Celui que j’aimais, avec les fleurs brodées. Les femmes pleuraient. Les hommes serraient leurs mâchoires. Moi je les regardais et je regardais la fosse. C’est large une fosse pour deux cercueils. Je sentais parfois une main qui caressait ma tête. J’avais moins froid pendant un instant. J’aurais aimé avoir une grande sœur, ou deux comme Christos.

Moi, je n’aurai jamais de sœur, ni grande, ni petite. Parce que mes parents dorment dans des boites recouvertes de terre et qu’ils ne peuvent plus se toucher.

Moi, Yannis, j’ai dix ans et je suis seul maintenant.

Je voudrais aller à ma maison, avoir la clef de la porte bleue dans ma poche. J’entrerais dans la cuisine. Je laverais mes mains dans l’évier de pierre, je boirais en penchant la tête. Si j’étais grand, j’essuierais ma moustache. J’ouvrirais la cuisinière à bois, je rajouterais une bûche. J’irais au garde-manger. Je prendrais une tomme de chèvre de la Tia et, sous le torchon, un pain. De ma poche, je tirerais mon couteau, je le déplierais. Je m’assiérais au bout de la table, sur le banc, et je mangerais lentement. Je boirais un verre de vin et j’essuierais ma moustache.

Ils ont dit : « Il a dix ans. Il habitera chez la Tia ». Mais chez elle, ça sent le poireau, il y a trop de chats et elle crie toute la journée.

Moi, écoutez-moi, vous qui me regardez. Je sais garder les chèvres, je sais fabriquer les barrières, porter des sacs, lier des fagots, ramasser les olives. Je sais sonner la cloche du monastère.

Ils ont dit : « Il a dix ans, il ne peut pas vivre seul ». Ils ne m’ont pas demandé. Je voudrais vivre chez moi. Je dormirais dans le grand lit de mes parents, sous l’édredon rouge. Je ferais tout ce que je peux. Je mangerais même la soupe aux poireaux de la Tia, si elle en laisse sur le rebord de ma fenêtre. Mais ils ne me croient pas. Ils disent : « Il a dix ans. C’est impossible ».

Alors, regardez-moi bien encore une fois. Prenez-moi en photo, j’attends. J’ai ma chemise blanche de fête et pas un cheveu. C’est le coiffeur qui a voulu. Il a dit : « Ce sera plus simple ». J’ai pleuré. Maman, elle aurait dit juste « Non », elle m’aurait enveloppé dans son tablier. Papa aurait ri pour me protéger. Mais eux, ils étaient autour de moi. Ils ont dit « Ce sera plus propre, plus pratique ». Moi, j’aimais mes boucles. J’y passais mes doigts quand je m’ennuyais. C’était doux.

Vous avez pris la photo. Vous verrez la Tia et la Malona derrière moi. Regardez-la quand vous ne me verrez plus. Demain matin, je ne serai plus chez la Tia, ni chez la Malona, ni chez moi, ni chez Christos, ni au cimetière, ni au monastère. Demain matin, moi, Yannis, j’aurai disparu.

Ils diront : « Il n’a pas pu s’en aller », « Il est si jeune ». Ils ne trouveront plus la barque de mon père. Je serai parti si loin qu’on ne me trouvera plus jamais.

Je n’emporterai que la photo de mes parents.

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1er juin

Très belle note de lecture par Florence Saint-Roch sur « Chaque jour est une page » (éditions La Porte – 2014). Vous pouvez la lire ici :

Les îles fortunées

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Arrivée de la revue ARPA n°122 (février 2018) qui publie mes traductions de sept nouveaux poèmes du recueil « Les savoirs de l’été » de Sandak Chattarji, poète indien de Bombay. (D’autres traductions de ce même recueil sont parues précédemment dans la rubrique Voix du monde sur le site Terre à ciel).

ARPA publie également un ensemble d’extraits de Une prairie de poèmes, que voici :

 Le jour est un vaste mot clair. Le monde est réel. Je vois. J’habite une transparence.
Octavio PAZ

Matins de mars

L’herbe est si drue
que l’air en est
vert

J’en prends un peu entre mes mains
et le dépose en moi

*

Le premier soleil cueille
les corolles des boutons d’or
(pointillés au-dessus de la prairie)
écume leur lumière
offre
au ciel
l’évidence

Je les butine
avec mes yeux

*

Bulles des graines de pissenlit
suspendues dans leur silence

Les petites pleines lunes
méditent
en attendant le vent

*

Les boutons d’or
(granulé de lumière
saupoudré sur le vert)

L’ombre de leurs tiges
violette presque

Pour les raconter
il me faudrait inventer
un autre alphabet

*

Penchée vers les pâquerettes
leur simplicité
-dans ce monde en furie-
leur innocence
je reprends souffle

*

Un oiseau s’applique
à répéter sa phrase

Brume des boutons d’or
tous ensemble épanouis

Presque oublié le vert
sous l’étole à peine déposée

Des choucas croassent
comme s’il s’agissait
de rayer
la perfection

*

Désormais les graminées dominent

Chaque brin écrit
dans la brise
son poème de lumière

Tapis au fond de l’épaisseur du pré
les pompons roses du trèfle
comme un secret

*

Une assemblée de graminées
chemine immobile
portant la lumière

Sa gloire danse avec le monde

*

La prairie
tôt matin
est une mousse de lumière
qui salue
suspendue

Vivante enluminure
virevolte
la virtuosité des rossignols

Une goutte de rosée clignote

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13 mars

Parution d’une belle note de lecture de Sabine Huynh dans la revue Diacritik (le magazine qui met l’accent sur la culture) :

« Les mots qui renaissent au matin » emplissent la bouche de vie

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1er février

Parution d’un poème dans l’anthologie « Ailleurs », quatrième anthologie de la maison de la poésie de la Drôme, publiée aux Editions de l’Aigrette avec une très belle image de couverture de Marcelle Torn.

Les sanglots en appui
lisser à pleines paumes
renforcer aux fissures

 

Monter vers le rien fragile
lui donner sens et consistance
l’aider à devenir

 

Geste jeté par-dessus le vide
Sourire                       reculer
regarder le pont au-dessus de l’absence

 

Glissement
Le rien            soudain

 

Chercher
retrouver le pont à plat sur le sol
chercher sa force

 

Mêler inextricablement
mêler ce qui jamais ne saura les frontières
de commencement ni de fin

 

Suivre l’arrondi du monde
le vide au centre
le vide autour

 

Infini du sol sous les pas
Le monde      cercle épais de matière sans séparation
Le cercle       monde de circulation sans fin

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15 Janvier

Une année s’ouvre et voilà déjà une jolie nouvelle en lien avec le livre d’artiste que j’ai créé avec Patricia Sarne « Prière à l’Esprit de l’eau » :

Un mail de Monique Leroux Serres qui a acquis un exemplaire de ce livre au Salon Pages :

LivrePAEE_04_400
« Vous trouverez sur le lien suivant :
http://www.voixauchapitre.com/archives/2017/speed_bookingCR.htm ma présentation de votre livre d’artiste « Prière à l’esprit de l’eau » sur le site du groupe lecture « Voix au chapitre », le 12 janvier dernier ; groupe auquel je participe depuis la fin des années 80.

Nous faisions ce jour-là un speed booking, car souffrant de notre succès, nous avons dû créer des groupes satellites et nous tâchons d’organiser parfois sorties ou animations permettant de faire se rencontrer les participants.

J’ai choisi de donner à vivre au gens une expérience avec un livre « exceptionnel ». Beaucoup ne connaissaient pas « le livre d’artiste ». C’était aussi un façon pour moi de partager et faire circuler votre travail. »